Les mensonges et contre vérités du MJS à propos du CPE
J’ai repris point par point le texte d’un argumentaire que le MJS fait circuler pour le retrait du CPE.
Un contrat première embauche (CPE) est institué pour les jeunes de moins de 26 ans. Il
emprunte au contrat nouvelles embauches (CNE), une période d’essai de deux ans dérogatoire du droit
commun (un à trois mois dans un CDI){1}. L’employeur pourra, contre les conventions internationales de l’OIT, contre la déclaration européenne des droits de l’homme, contre le Code du travail, licencier tous
les jeunes sans motif pendant les deux premières années{2}. Il s’agit donc bien d’une extension du CNE à tous les jeunes de moins de 26 ans, puisque ce contrat ne sera pas limité aux entreprises de moins de
20 salariés, mais pourra être signé par toutes les entreprises. Autant dire que la période d’essai de 2
ans pourra aisément devenir la règle pour les jeunes, y compris dans les grandes entreprises.{3}
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{1} Il est fréquent que la période d’essai d’un CDI puisse être de 2 à 6 mois puisqu’il suffit d’indiquer qu’elle est renouvelable.
{2} Il ne manque que la Bible et le Coran qui ne sont pas invoqués pour prouver le sacrilège que semble être le CPE. Redescendons sur terre, quel est l’interêt de l’employeur ? Pourquoi se priverait-il de salariés compétent qu’il a appris à connaître, avec lesquels une relation de confiance a pu naître,… A lire ce tract on imagine l’employeur un bon matin se débarrasser de tous les jeunes de son entreprises. Recruter prend beaucoup de temps à un employeur: diffusion des annonces, entretien, embauche, dans certains cas ce sont les salariés qui partent et le processus doit recommencer, donc il est évident qu’avoir un salarié stable, connu est très intéressant pour un employeur.
Le MJS semble oublier ce qu’est le capital humain en caricaturant ainsi tous les employeurs.
{3} Cette vision est typiquement socialiste. En effet, le parti pris est de considérer que la quantité de travail n’augmentera pas et qu’il faut le partager (d’où les 35 heures). De considérer ensuite que les salariés sont des pions manipulés par l’employeur. Sans nié la réalité de situation parfois de faiblesse des salariés il est tout de même une proportion non négligeables de secteurs d’activités ou de compétences pour lesquels les employeurs doivent tout simplement séduire les salariés afin de recruter puis de conserver les meilleurs. Vu sous cet angle les employeurs ne séduiront pas les meilleurs salariés s’ils recourent systématiquement au CPE ou au CNE. Ces derniers sont faits pour répondre à des problèmes d’emploi spécifique et malheureusement trop fréquent pour les jeunes. Contrairement aux emplois jeunes de Jospin les CPE une fois la période d’essai passé sont semblables au CDI puisqu’il s’agit bien de contrat à durée indeterminée.
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Le CPE ouvrira droit à une indemnisation au chômage dès le quatrième mois de contrat (contre six
mois au cours des 22 derniers mois dans le droit commun du chômage). L’indemnité sera alors de 460
euros par mois, pendant deux mois. Sous couvert d’une apparente générosité{4}, cette mesure encourage
les patrons à licencier rapidement (ils peuvent le faire sans motif) puisque les jeunes toucheront une
indemnité pendant 2 mois, juste le temps de retrouver un autre CPE, qui pourra à son tour prendre fin
à tout moment et sans raison.{5}
—{4} Malgrès toute leur mauvaise foi, vous lisez bien ici que l’opposition doit reconnaître un progrès. Qu’elle s’empresse de dénaturer.
{5} En quoi l’indeminisation des jeunes encouragerait les patrons à licencier rapidement, ces 2 élements n’ont tout simplement aucun rapport entre eux. Un cynique vous dira que le patron peut déjà licencier facilement du fait de la situation de période d’essai, et un comme un patron c’est bien connu n’a pas de coeur on serait sensé se dire que cela lui gacherait presque son plaisir.
A nouveau, soyons sérieu un instant, les millions de patrons de PME notamment entretiennent d’excellentes relations avec leurs salariés qu’ils cotoient tous les jours pendant de nombreuses heures. Cela n’est jamais de gaité de coeur qu’un patron doit se séparer d’un salarié en effet c’est le signe soit:
- qu’il s’est trompé dans son évaluation et les espoirs qu’il avait placé dans ce salarié et donc qu’il va devoir reprendre un processus fastidieux d’embauche suivi d’un temps pendant lequel le futur salarié sera peu efficace car il prendra progressivement connaissance et possession de son poste,
- que l’entreprise connait des difficultés. Entreprise à laquelle le patron a consacré et consacre généralement beaucoup d’énergie, ses biens personnels sont souvent cautions à des prêts bancaires. Cette situation difficile pour le salarié est souvent pour le patrom l’occasion de réduire son propre salaire, de travailller encore plus et d’avoir un stress supplémentaire de prendre le fruit d’année de travail quand ce ne sont pas ses biens personnels.
Mais n’en voulons pas trop aux étudiants du MJS qui ont rédigés ce tract, cet réalité du monde du travail, de la prise en risque pour fonder une entreprise est sans doute trop éloigné de leur préoccupations.
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Le Contrat Première Embauche porte bien mal son nom puisqu’il peut être signé après un CDD
(comme le CNE). Les entreprises peuvent donc l’imposer à tous les jeunes, même s’il ne s’agit pas de
leur premier emploi.
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{6} Les jeunes enchainant les périodes de chômage, de CDD se moquent bien du nom du contrat qu’ils signent, ce qu’ils souhaitent c’est rentré dans un parcours qui les menera à un CDI en étant plus en période d’essai afin d’avoir une certaine stabilité. Force est de constater que les jeunes sont bien souvent privés de cette possibilité ou seulement au bout de 8 à 11 ans en moyenne. Une période d’essai de 2 ans, c’est évidemment long et on peut le regretter, cependant face à l’inaceptable chômage des jeunes veut réamorcer la confiance en l’avenir chez les jeunes, ce contrat peut mettre le pied à l’etrayer du CDI pour beaucoup.
Enfin, les arguments présentés ici sont tout simplement présentés de façon falacieuse, dans la mesure ou si un CPE est signé aprés un CDD au sein d’une même entreprise alors la durée du CDD est prise en compte dans les 2 ans de période d’essai.
A lire, cette phrase, on a vraiment l’impression que le MJS préferait l’époque ou les jeunes ne se voyaient proposer qu’en majorité qu’un enchainement de CDD. Au yeux du gouvernement, comme des jeunes, cela n’a pas paru une situation confortable, d’ou le CPE qui cherche un équilibre entre la facilité d’employé pour le patron et le fait d’inventer des garanties nouvelles pour le jeune salarié.
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Mesure complémentaire : une exonération totale de charges patronales pendant trois ans est accordée à tous les contrats à durée indéterminée (CDI, CNE, CPE) signés au profit de jeunes de moins de 26 ans au chômage depuis plus de six mois. C’est une mesure inefficace et scandaleuse. Inefficace car toutes les études montrent que les exonérations de cotisations sociales suscitent des effets d’aubaine et ne créent pas d’emplois. Scandaleuse car c’est une nouvelle réduction des ressources de la Sécurité Sociale (on sait que les exonérations sont loin d’être toutes compensées par l’Etat comme c’est pourtant une obligation) et cela constitue un nouveau cadeau sans contrepartie aux entreprises.
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{7} Inventer des emplois totalement à la charge de l’état (salaire + charges) puisqu’ils étaient publics, je pense aux emplois-jeunes, ne choquait pas le MJS lorsque Jospin les a mis en place. S’inquiéter ici de l’état des finances publis est cependant tout à l’honneur de nos amis de gauche. Quel dommage que leur inquiétude pourtant si grande dans ce tract ne les pousse pas à creuser moins les déficits lorsqu’ils sont au gouvernement ou à dépenser moins lorsqu’ils sont comme aujour’hui obligés d’augmenter partout les impôts locaux dans les régions qu’ils tiennent et où ils doivent financer leurs coûteuses promesses de campagnes.
Enfin, lorsqu’il parlent de cadeau sans contrepartie aux entreprises, il semble oublier que pour en bénéficier les entreprises doivent tout de même embaucher des jeunes. Mais voir les entreprises embaucher des jeunes semble quelque chose de secondaire pour le MJS. Nous l’avions déjà constaté dans leur politique, je n’osais pas espéré qu’ils l’avoueraient par écrit !
Ces dispositifs constituent des mesures d’exception supplémentaires après la décision prise par le
gouvernement à la rentrée de ne plus reconnaître les moins de 26 ans dans le calcul des seuils sociaux
des entreprises (qui déterminent notamment la création des institutions représentatives du personnel).
Alors que la nature et le niveau du premier emploi conditionnent largement la suite de la carrière
professionnelle, les perspectives d’avenir se résumeront donc à une précarisation tout au long de la
vie.
A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Les gouvernements socialistes n’ont jamais pris l’ampleur du problème du chômage des jeunes. L’analyse est ici très juste sur un point « a nature et le niveau du premier emploi conditionnent largement la suite de la carrière professionnelle ». C’est pourquoi le gouvernement fait tout pour que les jeunes se voit proposer des vrais emplois avec comme perspective aprés la fin de la période d’essai un CDI normal là où Jospin proposer des contrats à durée déterminée de surveillants de lycée ou autres animateurs. Combien estimable, ces postes ont en tous les cas étaient occupés par des personnes qui ne les prenaient cependant que faute de mieux et qui continuait de souffrir car leur perspectives étaient bouchées.
Concernant enfin la précarisation tout au long de la vie, elle existe de toute façon même en CDI. Ne rendons pas la réalité plus rose qu’elle ne l’est pour noircir les nouvelles mesures, affrontons-là plutôt en face.
Concernant les propos suivant:”les études montrent que les exonérations de cotisations sociales suscitent des effets d’aubaine et ne créent pas d’emplois” toute personne ayant fait des études sait qu’on doit cités sa ou ses sources. Affirmés les études montrent n’est pas un argument plus convaincant que dire j’ai entendu que ou j’ai vu à la télé…
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Le CPE est par ailleurs une nouvelle illustration de la volonté du gouvernement d’opposer les
générations (après la réforme des retraites et celle de l’assurance maladie) : avec ce nouveau CIP, les jeunes vont pouvoir remettre au goût du jour le slogan « Papa j’ai trouvé un travail : le tien ». On sait que la précarité imposée aux jeunes tire vers le bas les conditions de l’ensemble des salariés, les jeunes constituant une nouvelle « armée de réserve ».
La portée du CPE est très grande, car nul doute qu’après avoir imposé une telle précarité aux jeunes, quand ils seront tous domptés et dressés à la précarité, le gouvernement l’étendra à tous les salariés.
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On hésite ici entre le rire et les larmes. Si seulement les capacités de domptage que le MJS attribue au gouvernement, les réformes seraient plus simples !
A nouveau les raisonnements typiquement socialiste: le travail est une donnée qui ne change pas il faut le partager. Il est visibleemnt impossible pour eux d’imaginer qu’on puisse créer des emplois. Je comprend qu’ils ne puissent trouver de solution avec de tels schémas.